Chasse au brouteurs : quand les innocents se font prendre aussi.

Leur mode opératoire est simple. Il consiste à se faire passer pour des homosexuels dans plusieurs forums et demander de l’aide. Jouant les victimes persécutées, ces jeunes reçoivent parfois jusqu’à plusieurs dizaines d’euros par coup de la part de leur pigeon. Avec le temps, ils ont appris à diversifier leurs méthodes d’approche et à devenir plus performant. Toutefois, c’est le mode opératoire originel qui leur a donné ce surnom très connu au Bénin : gayman.

Malheureusement, cette pratique illicite a tôt fait de jeter l’opprobre sur toutes les autres activités du digital qui nécessitent des heures devant l’ordinateur. Il s’agit entre autres des métiers de rédaction web, de graphistes, de web designer, de développeurs, ghost-writter, etc. De ce fait, même les honnêtes jeunes gens qui travaillent en tant que freelance se voient régulièrement traiter de brouteurs par les incultes qui ignorent tout à leur profession, pour une seule raison : ils passent des heures devant un ordinateur et reçoivent de l’argent de l’étranger. Puisque dans l’esprit du commun des béninois, il faut se trouver un emploi qui nous occupent de 8h à 18h, du lundi au vendredi, il parait inconcevable que rester chez soi et travailler soit un métier, sinon de l’arnaque.

Cet état de choses mérite une attention particulière en ces jours où le gouvernement béninois à lancé une chasse aux brouteurs et toute autres personnes menant des activités dites illicites via internet et les réseaux sociaux. Car, comment reconnaître un brouteur ?

Habituellement, la police républicaine se baserait sur la disposition d’un ordinateur, d’une connexion wifi, de téléphone portable haut de gamme et accessoirement les motos dites djênanan pour cibler les potentiels suspects. Or, ces éléments désignent plus de 8 jeunes sur 10 dans les villes de Cotonou et de calavi. Les freelances, en l’occurrence, les rédacteurs web, les community managers, les graphistes, etc., disposent des mêmes outils, et de surcroit, utilisent les mêmes moyens de paiement pour recevoir leur argent. Autant que les brouteurs, ils utiliseront Western Union, MoneyGram, Ria, et parfois Paypal, pour entrer en possession de leur gain. De facto, ces deux catégories de jeunes sont confondues par la société et même parfois, par les agents de sécurité.

Il y a peu, plusieurs jeunes gens, se sont plains via les réseaux sociaux de bévues policières à leur endroit, ayant été pris pour brouteur et parfois molestés par les forces de l’ordre.

De pauvres innocents sont ainsi pris dans les mailles d’un filet censé assainir le pays. Le combat mené par la police et le gouvernement est loin d’être négligeable. Toutefois, il convient aussi qu’un cadre soit défini pour permettre aux freelances de profiter de leur profession.

Le pays a grandement besoin de ces opérations de chasse aux brouteurs. Notre image à l’extérieur s’en portera bien mieux. Mais quant aux autres, ils auront besoin de ne pas se sentir menacés.

Nathan

ZOOM SUR L’AFRIQUE

Tunisie : Le président tunisien Kaïs Saïed s’en prend aux migrants subsahariens

A l’occasion d’une réunion du conseil national de sécurité tenue mardi 21 février et consacrée au phénomène de la migration clandestine, le président tunisien Kaïs Saïed a tenu des propos jugés racistes et xénophobes.

En effet, depuis plusieurs années la Tunisie enregistre des flux de migrants subsahariens, dont la plupart font du pays un tremplin pour la traversée de la Méditerranée vers les pays d’Europe du sud.

Pour le président, l’objectif de ces flux de migrants est de changer l’identité de la Tunisie, en l’extrayant des pays arabo-musulman pour en faire un pays « seulement africain ». Il poursuit son argumentaire en affirmant qu’il s’agit d’une « entreprise criminelle ourdie au début de ce siècle » avec l’objectif de « changer la composition démographique de la Tunisie ».

A ce jour, des ONG ont fait état de l’arrestation de près de 300 migrants suite à des « contrôles au faciès ».

L’actu de cette semaine

Lecture 6 min

  • Politique : Signature d’un engagement de fidélité par « Les Démocrates »
  • Développement : Vers une réduction du coût de la dialyse
  • Education : La Russie projette d’ouvrir des programmes de formation à l’UAC
  • International : Nouvel accord entre le Bénin et le Maroc pour développer le secteur halieutique

Résumé

Politique : Signature d’un engagement de fidélité par « Les Démocrates »

Dans un contexte où les réformes politiques n’ont pas pu mettre fin à la transhumance, les responsables du parti « Les Démocrates » ont décidé de prendre les taureaux par les cornes.

Ce jeudi 23 février au siège du parti à Gbédjromèdé, une cérémonie d’engagement de fidélité a été organisé pour officialiser l’engagement de ses 28 élus envers le peuple béninois. Le but : renforcer la cohésion entre le parti et ses représentants à l’assemblée nationale.

A travers cet engagement écrit, le parti espère réduire le risque de voir ses délégués suivre une voie autre que celle tracée par le parti.

Développement : Vers une réduction du coût de la dialyse

Sensible à la situation des dialysés, le gouvernement béninois à travers le ministre de la santé examine les « possibilités d’obtenir des intrants à prix moins coutant ».

L’information a été rendu public par le secrétaire général adjoint du gouvernement, Wilfried L. Houngbédji, lors de sa rencontre avec la presse en ligne le vendredi 17 février 2023. Selon les propos de ce dernier, l’objectif d’une part est de réaliser des « des économies d’échelle » lors de l’acquisition de ces produits, et de favoriser d’autre part, leurs disponibilités à ceux qui en ont besoin.

Education : La Russie projette d’ouvrir des programmes de formation à l’UAC

L’éducation et la formation sont au cœur des efforts visant à rapprocher l’Afrique et la Russie. A ce titre, la Russie prévoit de lancer des programmes de formation à l’université d’Abomey-Calavi, l’une des principales institutions éducatives du Bénin.

Pour l’instant, les domaines d’études n’ont pas été révélés. Selon les partenaires il s’agira de domaines prioritaires qui cadrent avec les priorités de développement du Bénin. Cependant, avant d’être mis en place, les programmes d’enseignements devront être validés par le ministère béninois de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique conformément aux normes et procédures en vigueur dans le pays.

International : Nouvel accord entre le Bénin et le Maroc pour développer le secteur halieutique

Le Maroc a signé avec trois pays africains dont le Bénin, des mémorandums d’entente pour le développement du secteur halieutique. Cette signature a eu lieu lors de la seconde édition de la conférence de haut-niveau de l’initiative de la ceinture bleue et au Salon international « Halieutis ».

L’objectif est de réaliser des campagnes d’évaluation des stocks halieutiques par l’Institut National de la Recherche Halieutique dans les Zones Économiques Exclusives (ZEE) des trois pays. Les pays bénéficiaires des mémorandums vont recevoir un appui scientifique du Maroc.